Le gouvernement devrait accorder une attention particulière à ses chercheurs, comme le Dr Diamana. Voir photo

Lutte contre la Covid-19 : La solution ivoirienne

  • Kifuima TOURE
  • 29-01-2021 à 10:20
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Il y a un an, la ville chinoise de Wuhan était au centre de l’actualité sanitaire mondiale : un virus, baptisé Covid-19 par les professionnels de santé, faisant des ravages au sein de la population. Chaque jour, on ne faisait que compter les morts en centaines. Progressivement, du fait de la mobilité transnationale, l’évolution macabre du virus a fini par atteindre le monde entier. C’est alors que les Etats se sont mis en mode précaution à travers des mesures barrières dont les plus courantes sont le confinement, l’état d’urgence sanitaire, le couvre-feu, le port obligatoire de cache-nez, la distanciation physique, la fermeture des lieux à grande affluence de population ; des lieux communs dont la pratique a connu de fortunes diverses selon les Etats.

Certes la motivation n’est pas infondée, car il s’agit d’ériger des remparts afin de protéger les populations. Mais au bilan, il y a lieu de reconnaitre que les répercussions de ces décisions ont dévasté bien de familles au-delà du périmètre auquel les décideurs politiques pensaient circonscrire la pandémie.

Aujourd’hui, force est de constater que la pandémie est devenue insaisissable. On annonce une variante du virus, plus meurtrière que son ‘’aîné’’, qui oblige savants et professionnels de santé à recourir à des vaccins à l’effet de réduire le taux de mortalité sur la durée.  Pfizer-BioNTech du Canada, Moderna des Etats Unis, AstraZeneca de la Grande-Bretagne, Sinopharm de la Chine et Sputnik V de la Russie sont ceux disponibles. Mais dans un contexte politico-économique international empoisonné par une mercantilisation et une cupidité que le délitement de la morale capitaliste a rendu ivres, placer une entière confiance dans des gestes de générosité pour avoir des vaccins pour sa population relève de l’imprudence. Selon le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Aka Aoulé, le choix du vaccin Pfizer  relève de l’’’amabilité’’ de la France qui veut offrir généreusement des doses au gouvernement ivoirien. Alors que la situation urge, les doses du vaccin Pfizer (environ 100.000 doses) dont la livraison était attendue pour fin janvier 2021 sont annoncées pour mi-février, avec des marges d’incertitude liées à la production.

C’est pourquoi la Côte d’Ivoire, petit pays aux moyens financiers limités, doit faire confiance en ses chercheurs et professionnels de santé. A l’instar du Pr Raoul qui a mis son savoir au service  de la France, son pays, à travers la chloroquine, l’Ivoirien Dr Jean Yves Diamana, bio-médecin-chercheur, propose un produit contre la pandémie du coronavirus qu’il a baptisé BJ12. Ce remède déjà disponible en Côte d’Ivoire, pourrait accompagner les doses de vaccin que le gouvernement veut acquérir.

L’heure n’est pas à la polémique. Il suffit de jeter un regard sur la situation sanitaire décrite par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique pour apprécier la progression de la maladie. Selon le gouvernement ivoirien «à la date du 23 janvier 2021, la Côte d’Ivoire compte 26.612 cas confirmés dont 1872 cas actifs sur un échantillon de 31.4632 prélèvements, contre 25.304 cas confirmés, le 18 janvier 2021». Le plus inquiétant est que, toujours selon le gouvernement, «la transmission est devenue familiale et communautaire». Puis de préciser : «La transmission se fait actuellement dans nos lieux de vie, à savoir à la maison, à l’école et au travail...».

L’expérience est certes nouvelle, mais elle ne manque pas d’intérêt, comme le Covid-Organics malgache et l’Apivirine béninois. Dans une interview accordée à un confrère national, Dr Jean Yves Diamana explique que ses recherches lui ont permis de trouver la molécule BJ12 qui sert à la fois à la prévention et au traitement. «Le BJ12 est un remède à la fois curatif et préventif qui a déjà fait ses preuves, car il a déjà guéri plus d’une dizaine de personnes. Je guéris la Covid-19, l’insuffisance rénale, l’hypertension artérielle, le Sida, le cancer du col de l’utérus (...) Ce que je demande, c’est que nos autorités prennent la pleine mesure de la chose», a-t-il rassuré et interpellé.

Reste maintenant à savoir où le gouvernement place l’intérêt du peuple.

J-S LIA

liasylve@yahoo.fr