Pulchérie Gbalet : «La situation des droits de l’homme n’a pas connu d’évolution».

Détention «arbitraire» des prisonniers des crises post-électorales de 2010 et 2020: Pulchérie Gbalet dénonce une entorse aux droits de l’homme

  • DJE ABEL
  • 17-11-2021 à 14:46
Les droits de l'homme ne sont pas respectés en Côte d'Ivoire.

En Côte d’Ivoire, «la situation des droits de l’homme n’a pas connu d’évolution (…) les détentions prolongées arbitraires sont toujours d’actualité», a dénoncé Pulchérie Gbalet. La présidente de l’Alternative citoyenne ivoirienne (ACI) qui animait le 4ème numéro de sa tribune dénommée “Regard sur l’actualité“, tenue le 16 novembre 2021 à Cocody-Angré, a indiqué que «des prisonniers politiques militaires et civils, issue de la crise post-électorale de 2010 et de la crise électorale de 2020» figurent toujours au nombre de ses détenus. Selon elle, les prisonniers du «NON au 3ème mandat» et ceux de la désobéissance civile arrêtés pendant la crise électorale de 2020, sont victimes de la pratique du « deux poids, deux mesures » par la justice ivoirienne. « En effet, tandis que tous les leaders qui ont lancés des mots d’ordre sont en liberté, une partie de ceux qui ont obéi sont encore en détention préventive depuis plus d’un an (…) Nous venons plaider pour les prisonniers de la crise postélectorale de 2010. Il n’est pas normal que le Président Gbagbo soit acquitté et que ces pères de famille soient encore maintenus en détention après plus de 10 ans de peine. Au nom de la réconciliation, nous demandons la clémence du chef de l’Etat avant les fêtes de fin d’année si possible», a plaidé Pulchérie Gbalet.

Au plan social, la présidente de l’ACI affirme que les violations des droits sont plusieurs ordres. Notamment au niveau de libertés syndicales garanties par la Convention 87 de OIT et mise à mal par le «licenciement abusif» de plusieurs syndicalistes pour avoir revendiqué leurs droits. «C’est le lieu donc d’interpeller ces entreprises dont Eco-Eburnie, la plus grande entreprise de salubrité, G4’S une entreprise de sécurité, de même que l’inspection du Travail, la direction générale du Travail, les centrales syndicale et le BIT», a interpelé la militante de la société civile. Dans son “Regard sur l’actualité“, la présidente de l’ACI a condamné les déguerpissements abusifs qui sont récurrents et qui, dit-elle, interviennent bizarrement chaque année toujours en saison pluvieuse et/ou à la veille de la rentrée scolaire. «C’est à croire que ces déguerpissements visent à détruire des familles entières, sans état d’âme (…) Nous parlons ici des déguerpis du projet de métro d’Abidjan récemment sinistrés à Abobo. Le choc a occasionné deux morts, selon les témoignages; et ce sont des centaines de familles qui sont plongées dans le désarroi avec toutes les conséquences liées à la dislocation de ces familles, de surcroit en pleine rentrée scolaire. Nous demandons au gouvernement d’arrêter de construire des infrastructures au détriment des familles installées dans l’emprise de ces projets. On trouve des milliards pour financer ces projets, mais on ne peut pas trouver les moyens d’effectuer des déplacements de populations selon les règles de l’art», a exhorté la présidente de l’ACI.Elle a terminé sa tribune en évoquant le récente répression subie par 3000 docteurs et les audits et les arrestations en cours dans certaines sociétés d’Etat. «Nous souhaitons que toute la rigueur de la loi soit appliquée et que ce ne soit ni des règlements de comptes, ni des effets d’annonce sans sanctionner les vrais coupables de détournement», a-t-elle conclu.

DJE ABEL