L'intérim du PAN, en cas de vacance, est assuré par le plus âgé des vice-présidents.

Intérim du PAN en cas de vacance du pouvoir : L'attitude intrigante de Bictogo dans l'ordre de préséance

  • DJE ABEL
  • 10-06-2021 à 11:08
À qui revient la Présidence de l’Assemblée nationale ivoirienne en cas d'empêchement ou d'indisponibilité de son président. Sûrement pas au premier vice-président de l'Institution, précise le règlement de la maison.

À l’Assemblée nationale ivoirienne, l'ordre de préséance du premier vice-président n'est plus le critère en vigueur pour diriger cette Institution, en cas d'empêchement ou d'indisponibilité de son président. Certes, cette disposition qui permettait à un premier Vice-président (VP) du Parlement ivoirien de prendre les rênes de l'Institution, en cas d'empêchement ou d'indisponibilité de son premier responsable qu'est le président a existé dans les textes de l'Institution. Mais, entre temps, il y a eu la réforme de juillet 2018 (Résolution n°005 A du 27 juillet 2018 portant Règlement de l’Assemblée nationale). Cette réforme actuellement en vigueur, voudrait qu'en cas d'empêchement ou d'indisponibilité du Président de l'Assemblée Nationale ivoirienne, les rênes de l'Institution reviennent aux plus âgé des vice-présidents.
De ce fait, Il n'y a logiquement plus d'ordre de préséance au niveau des Vice-présidents. Alors, question, d'où vient qu'on veuille à nouveau remette cette loi en scelle sans qu'elle n'ait été préalablement et officiellement réintroduite? Une préoccupation d'actualité, d'autant plus que, l'un des 11 Vice-présidents (VP) actuels de l'Assemblée nationale (AN), se prévalant d'une soit disante première place de la même institution, voudrait s'en accaparer. 
Pour être plus précis, le sieur Adama Bictogo, député d'Agboville, puisque, c'est bien de lui qu'il s'agit, parce qu'étant proche et dans les bonnes grâces du Président de la République, Alassane Ouattara, entend résolument s'inscrire dans une telle démarche. Ne sommes-nous pas, dans ce cas, en train d'assister à une immixtion flagrante de l'exécutif dans le législatif, créant du coup, une institution bicéphale ?
En clair, il s'agit d'une autre forme de recul démocratique qui ne dit pas son nom. Pourtant, le Parlement, où siègent les représentants de la Nation, toutes sensibilités politiques confondues, faut-il encore le rappeler, compte 11 VP élus que pour un an. D'ailleurs, selon l'Articles 6 du Règlement de l'Institution, le bureau de l'Assemblée nationale qui se compose des 11 vice-présidents, 3 questeurs et 12 secrétaires, sont renouvelés chaque année. Seul le président qui dispose d'un mandat d'une durée de 5 ans, reste en fonction. On se trouve confronté à un problème éthique et moral d'autant plus que, le directeur exécutif du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) lui-même, selon le bihebdomadaire "Jeune Afrique", dans une récente livraison, citant l'élu de la région de l'Agneby-Tiassa, a relevé que Bitogo est effectivement le premier Vice-président. De quoi à entretenir un climat peu rassurant à l'hémicycle, entre tous les élus et M. Bictogo, qui pourtant, est du même bord politique que le President de l'Assemblée conclu le confrère.
Avait-on réellement besoin d'en arriver là pour le parti au pouvoir qui, avec la majorité dont-il dispose (137 sièges contre 91 pour l'opposition),  peut, à son aise, amender l'article 6 du Règlement intérieur de l'Assemblée nationale. Ou alors, cette volonté d'emprunter ce qui peut être considéré comme une forme de raccourci pourrait être le reflet d'un manque de cohésion et de stabilité dans le camp présidentiel ? Tout pourrait porter à le croire.
Dans tous les cas, il faut rappeler qu'actuellement et selon l'Article 2-3 du Règlement, l'intérim du Président de l’Assemblée nationale (PAN) en cas de vacance définitive du poste, pour une raison ou pour une autre, est assuré par le plus âgé des vice-présidents qui organise à date, une nouvelle élection pour désigner un nouveau président de l’Institution.

Djè Abel