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Tribalisme / Voulant combattre Lida, les pro-Ouattara pris à leur propre piège

  • Kifuima TOURE
  • 05-03-2021 à 15:24
Situation vraiment cocasse. Ils voulaient donner des leçons à l’ancien ministre d’Etat de Laurent Gbagbo, Moïse Lida Kouassi. Les partisans d’Alassane Ouattara sont pris à leur propre piège et font l’objet de railleries sur les réseaux sociaux.

"Il est temps qu’un fils de Lakota parle au nom de Lakota. Et qui de « mieux placé que le ministre Lida Kouassi Moïse qui, en plus d’avoir la confiance des anciens, à la maturité politique nécessaire pour en assumer les charges ?». Ces propos, Moïse Lida Kouassi, ancien ministre d’Etat, ministre de la Défense de Laurent Gbagbo, candidat de la plateforme Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS, Opposition), les a tenus le jeudi 4 mars 2021, à Lakota (200 km d’Abidjan au Centre-Ouest du pays), en clôture de la campagne des Législatives de ce samedi 6 mars 2021. Ces propos continuent de soulever la colère des partisans d'Alassane Ouattara qui ont cru bon de ressortir leur rengaine habituelle utilisée pour justifier leur guerre infligée au pays : le tribalisme et l’exclusion. Ils s'en sont pris abondamment, sur les réseaux sociaux, à l'ancien ministre de la Défense de Laurent Gbagbo pour ses propos tenus à Lakota contre son adversaire nordiste. M. Kouyaté, selon les révélations de Lida Kouassi, se déclare ressortissant de Minignan, à la frontière guinéenne au Nord de la Côte d’Ivoire, mais est candidat RHDP (au pouvoir) à sa propre succession au poste de député de Lakota, en pays Dida. Et les partisans de Kouyaté, lui-même inconditionnel d’Alassane Ouattara, ne décolèrent pas contre Lida. Mal leur en prit, à ces piètres donneurs de leçons.

  Sur les réseaux sociaux, les Ivoiriens ont ressorti, à leur tour, tous les propos amoraux et détestables dont les partisans RDR/RHDP de Ouattara se sont toujours rendus coupables. Lisons quelques morceaux choisis dans leurs propres archives de l' «Ibièkissèïsme» (ne me demandez pas la traduction), avec ces propos retrouvés sur leurs traces par leurs adversaires : 

 

-       1er Morceau choisi : «À Séguéla, depuis dimanche 16 août 2019 pour 4 jours, Simone Gbagbo refoulée dans tous les villages. Tchomba a déjà clôturé le Woroba pour Ouattara», affichait fièrement à sa Une, le quotidien l'Essor Ivoirien financé par M. Tchomba (Amadaou Soumahoro, actuel président de l’Assemblée nationale). Nous y reviendrons.

-       2ème morceau choisi : «Simone Gbagbo interdite d’accès à Gbétogo (Séguéla) : Faut-il s'en réjouir?» s'interrogeait intelligemment le site en ligne Pressecotedivoire, le 29 août 2019, dans un article d'analyse.

-       3ème Morceau choisi : «Le frère de Sidiki Konaté traité d’étranger à Séguéla car candidat aux législatives 2021 contre Amadou Soumahoro», révèle le site Ivoirebusiness, le 22 janvier 2021. À cet effet, un internaute répondant au nom de Losséni Fofana écrivait : «Amadou Soumahoro n’est pas ami des aventuriers. Tout autre aventurier sera humilié et combattu. La sous-préfecture de Séguéla, c’est Amadou Soumahoro. Si cet aventurier rêve debout pour affronter le candidat Tchomba National, il sera broyé au calme. Si étranger connaît pas sa place chez nous dans le Worodougou, on te montre ta place (sic)».

-       4ème Morceau choisi : «Marie-Odette Lorougnon, en mission pour la CNC (Coalition national pour le Changement), refoulée le 18 août 2015 à Korhogo». Ces péripéties sont encore disponibles sur Google.

-       5ème morceau choisi : Amadou Soumahoro, actuel président de l’Assemblée nationale, a publiquement et fièrement déclaré en 2012 : «Nous assumons la responsabilité de l’insécurité dont les militants du FPI parlent tant. Mais, Koulibaly Mamadou et Miaka Ouretto n’ont rien à nous enseigner. Désormais, nous allons demander à nos militants de se mettre en ordre de bataille pour mater tous les militants du FPI qui s’attaqueront au Président Alassane (Dramane Ouattara). Nous n’allons plus accepter les arrogances du FPI. Oui, nous allons les mater. Ils oublient que tous ceux qui se sont attaqués à Alassane se trouvent au cimetière ! (...)». Ces propos sont rapportés, le 20 mars 2012, par le quotidien Notre Voie alors dirigé par M. César Etou, actuel DG de La Voie Originale. Et depuis lors, Amadou Soumahoro est appelé «Amadou Cimetière» en Côte d’Ivoire.

L’ex-députée de Tafiré, Mah Sogona Bamba, militante acharnée du RDR qui parcourait les plateaux de télévision européens pour accabler le Président Laurent Gbagbo et son régime, a même été victime de discrimination poar les militants du RDR. Voici ce qu’elle a publié sur sa page Facebook, dans le cadre des Législatives de 2016 :

«Tafiré législatives 2016: brûlez ma maison, brûlez mes voitures, insultez mes parents, calomniez-moi, agressez mes proches dans le village, mais de grâce, ne me traitez pas d’étrangère à Tafiré. De grâce, cette blessure-là est mortelle pour moi, pour la mémoire de mon père. Je vous en prie, arrêtez d’instrumentaliser nos braves populations, en leur insufflant la haine tribale, ethnique et la xénophobie.»

Les voilà donc pris qui croyaient prendre : Comment des individus pareils peuvent-ils s'ériger en donneurs de leçons, ici en Côte d'Ivoire, avec une bibliographie tribale et exclusive si  fournie ? Lida Kouassi, Yako ! Côte d’Ivoire Yako !


Petit Bayard